L’optimisation écologique : c’est le moment !

Nous n’avons pas le choix, profitons-en!

L’écologie est nécessaire. La raréfaction des ressources fossiles, la nécessité de réduire le réchauffement climatique rendent indispensable d’intégrer la notion de développement durable et d’écologie dans nos stratégie tant personnelles que professionnelles, quelle que soit la taille de la structure. Et plus les décisions seront prises tard, plus les alternatives seront réduites et difficiles.

Par contre l’écologie est avant tout une opportunité. Souvent traduite ces dernières années en mesures coercitives, le but de cet article est de donner des pistes pour des mesures positives, créatrices de marge et d’améliorations sociales.

Pas de croissance verte du CA, mais une optimisation écologique de la marge avec un progrès tant économique que social

Parmi les tentatives de retirer le caractère répressif de l’écologie, l’une des plus citées est la notion de croissance verte. Cette notion implique de poursuivre une croissance économique dans nos modèles actuels tout en conservant les actifs de notre planète.

Or ce graphique (source, theshiftproject.org) illustre un concept assez intuitif : notre économie possède un lien direct entre croissance et consommation d’énergie.

graphique

Par conséquent et à moins d’une disruption technologique qui permettrait de dé-corréler activité humaine et consommation de ressources (i.e. l’utopie technologique de Star Trek), cette vision d’une croissance continue même verte paraît illusoire. Je range donc le dictionnaire Klingon et les costumes une pièce et je choisis l’hypothèse d’une future réinvention de l’économie qui intègre une forme de décroissance du PIB.

Voici donc l’optimisation écologique : utiliser les ressources fossiles aujourd’hui pour lancer des actions d’économie d’énergie et de ressources avec pour but d’augmenter le taux de marge plutôt que le CA, ce qui servira d’une part à financer les investissements et d’autre part se préparer à l’avenir.

L’objectif n’est pas uniquement économique, mais également social : améliorer la vie des salariés, en diminuant certains aspect kafkaïens de leur travail et en leur proposant de mener une action qui a du sens et participe à l’intérêt commun.

Du 0 papier…

La période de confinement que nous avons vécue a été un révélateur de la possibilité pour de nombreux employés de télétravailler et d’effectuer des tâches à distance. Même si le télétravail n’est pas la panacée car destructeur de lien social et parfois gourmand en énergie il faut continuer sur cette dynamique.

Le télétravail personnellement m’a fait passer définitivement au 0 papier :

  • les contrats sont électroniques et scannés, signés électroniquement avec des solutions comme Yousign ou avec mon certificat personnel.
  • les documents que je lis sont sur écran ou sur une liseuse
  • les factures sont expédiées par email, et si par courrier par un prestataire qui optimise les flux et consommations de papier (comme Esker)

Mon bureau s’est vidé, mes documents sont mieux classés et plus simples à trouver pour mes collaborateurs, et surtout j’ai considérablement diminué les déplacements inutiles et prenants. Gain écologique mais aussi gain de confort, de temps et de marge.

…au 0 déplacement, et au 0 perte d’information

La démocratisation de la visioconférence a également montré qu’il n’était pas nécessaire de déplacer 50 personnes pour effectuer une réunion :

  • trouver un horaire est plus simple si on ne déplace pas les gens
  • le format de web-conference et en particulier le format de la salle virtuelle plus rigide et formalisé qu’une salle réelle où tout le monde peut parler en même temps implique également des réunions plus structurées et qui vont droit au but.
  • l’enregistrement permet de gagner du temps et de transformer des réunions / webinars en supports de formation ou de communication commerciale.

L’impact global est considérable : le principal problème de la pollution en ville est le transport intra-urbain pour aller sur le lieu de travail : tout le monde ici contribue, en gagnant en qualité de vie.

Enfin l’automatisation des processus et des échanges en utilisant des interfaces web et/ou mobile pour les échanges internes (dans le respect des RGPD) permettent de diminuer les déplacements inutiles, les pertes de données, et permet également à terme de créer des bases de connaissances déjà classées et directement exploitables.

Pour cela des outils de réseaux sociaux internes comme mon partenaire Whaller sont à la fois des outils de productivité, de knowledge management et de lien social.

L’économie d’énergie dans les bureaux

Plusieurs études estiment entre 20 et 40% (comme l’étude Negawatt) l’économie d’électricité possible à activité égale dans le tertiaire. Notre expérience (relatée ici) montre que ces chiffres sont même plutôt pessimistes.

Il est vrai que l’électricité est rarement un poste de dépense important dans des bureaux, mais ce travail peut ici contribuer à obtenir un résultat spectaculaire : ramenée au pays, cette économie correspond annuellement à la consommation en électricité de Toulouse et Montpellier ou alors à la consommation d’essence nationale pour 15 jours.

De plus l’effort demandé n’est pas important, l’investissement est relativement faible et le résultat est positif non seulement pour la facture mais aussi pour le confort des équipes, qui constatent au quotidien les résultats des efforts de tous.

Dans notre cas nos économies d’énergies ont divisé par trois la facture et amélioré le confort de vie au bureau : les salariés ont un matériel et des conditions de travail plus adaptés à leur activité, la lumière est de meilleure qualité, la climatisation toute neuve ne fonctionne qu’en cas de canicule, car tout ce qui chauffait le bureau est éteint.

Une politique d’achat et de recyclage optimale

De nombreuses personnes utilisent maintenant avec plus ou moins de bonheur des applications et des outils pour donner du sens à leur achat. De nombreuses marques et producteurs de produits grand public proposent des produits ou des services avec une transparence sur les origines et les coûts en énergie, ainsi que des modes de recyclages des produits et emballages.

Il faut répéter et amplifier cette conduite dans nos entreprises :

  • privilégier pour les achats informatiques le reconditionné et les produits réparables (comme fairphone par exemple)
  • encourager les salariés à la sous-consommation non pas par des messages punitifs ou paternalistes, mais en formant et proposant des alternatives qui modifient peu le comportement, et améliorent le confort de vie.
  • se documenter sur le bilan carbone (de plus en plus simple à trouver) de produits et services pour intégrer ce bilan dans le choix, en le priorisant par rapport au prix.
  • préférer pour les transports urbains des moyens de transports verts, comme le vélo (électrique ou non). Mettez à disposition de vos employés des vélos électriques ou non pour le trajet domicile/travail ou pour les trajets pro. Le coût à l’achat est faible, le coût à la maintenance quasi-nul.
  • intégrer dans l’achat et le suivi matériels l’étude du cycle de vie et de recyclage. Utiliser le vrac, recycler tout ce qui peut l’être et privilégier l’achat de produit au maximum recyclables.

Nous achetons du reconditionné, intégrons l’écologie dans nos choix technologiques et tous les salariés qui le peuvent (80%) utilisent le vélo (deux fournis par l’entreprise, dont un utilisé quotidiennement). Tout ceci a été volontaire, accepté sans aucune difficulté ni inconfort, au contraire.

Enfin : communiquez !

Nous ne parlons pas ici que d’optimiser notre bilan, mais de mener une action dans l’intérêt de tous, donc il faut en parler !

En interne, menez cette action main dans la main avec les salariés, rendez les acteurs en utilisant des moyens de transport verts, montrez leur que cette action a du sens, va dans l’intérêt commun et est une initiative de l’entreprise pour changer les choses au-delà de l’activité purement économique. Il est primordial d’ajouter votre volonté et votre action dans la culture de l’entreprise, voire même intégrer dans les avantages factuels des fiches de postes un confort de travail accru et une action écologique qui donne du sens au travail des employés.

En externe, publiez votre bilan carbone, faites du prosélytisme, partagez comme nous vos actions positives, cela améliore l’image de l’entreprise et transmet le bon virus de la réflexion écologique.

Conclusion : soyez stratège, choisissez l’écologie maintenant.

En stratégie, une bonne méthode quand on a un sacrifice à faire ou une perte à assumer est de se donner les moyens de choisir le moment opportun pour l’effectuer, afin de transformer cette perte en avantage.

La fenêtre pour être proactif sur les actions que j’ai donné ici est de plus en plus réduite, foncez !